Manifestations cliniques
Les signes de la maladie apparaissent très précocement : dans 70 % des cas avant 1 an, rarement à l’âge adulte.
Elle se traduit, dès le plus jeune âge, par des infections sévères et récidivantes, avec fréquemment des foyers infectieux granulomateux, cutanés ou ganglionnaires (adénites), et des localisations viscérales diverses (pneumopathie, ostéoarthrite, abcès hépatiques). Pour autant, elle présente, selon les patients, des manifestations très diverses tant dans leur expression que dans leur gravité. Les causes de la maladie Elle est due à un défaut de fonctionnement les neutrophiles qui n’assurent plus leur rôle dans la lutte contre les bactéries, les champignons, ....
Les globules blancs du sang, qui sont produits dans la moëlle osseuse et passent dans le sang afin de combattre les infections, sont de deux types : les lymphocytes qui s’attaquent aux virus et les neutrophiles (ou granulocytes ou polynucléaires neutrophiles) qui s’intéressent aux bactéries et aux champignons. Les neutrophiles ont la propriété d’englober les bactéries et les champignons : c’est le phénomène de phagocytose. Ensuite, grâce à la stimulation d’un système enzymatique multiprotéique, la NADPH oxydase, ils acquièrent la capacité de tuer les micro-organismes préalablement endocytés. Dans la GSC, la NADPH oxydase est absente ou non-fonctionnelle et les cellules du patient sont incapables de détruire les bactéries et champignons phagocytés.
Transmission héréditaire
La transmission de la maladie La GSC présente deux modes d’hérédité : dans la forme liée à l’X (70 % des cas), seuls les garçons sont atteints, les filles pouvant être vectrices. Les formes autosomales récessives sont rares et concernent les patients des deux sexes. La recherche de la mutation génique responsable de la maladie est primordiale pour le conseil génétique et pour pouvoir proposer aux familles des diagnostics anténataux précoces sur prélèvements foetaux. Le diagnostic biochimique fonctionnel et moléculaire est réalisé par deux laboratoires référents en France.
Traitement
Le traitement actuel des GSC repose essentiellement sur une prophylaxie antimicrobienne et antifongique. L’injection d’interféron γ en sous-cutané augmente la résistance aux infections. Les greffes allogéniques* de moëlle donnent de bons résultats, mais leur utilisation reste encore limitée aux cas sévères. Un essai de thérapie génique en 1997 a ouvert la voie de la recherche sur ce type de traitement.
Pronostic médical
Le pronostic de la granulomatose septique chronique a été considérablement amélioré depuis une vingtaine d’années. Actuellement, environ 50 % des patients traités avant 1989 sont vivants à l’âge de 10 ans, avec très peu de décès ultérieurement et ceci quel que soit le type de GSC. Cette amélioration du pronostic est due à plusieurs facteurs, notamment une prise en charge plus précoce et plus agressive des infections fongiques, mais également à l’utilisation prophylactique au long cours de médicaments. Cette survie prolongée a une conséquence importante. Les patients, devenus adultes, sont ensuite pris en charge par des médecins d’adultes. L’expérience acquise par les pédiatres de l’unité d’immuno-hématologie tout au long des années passées au côté des enfants atteints de GSC doit absolumentêtre transmise aux médecins d’adultes qui vont traiter ces patients qui souffrent de pathologies inhabituelles.
