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Déficit en adénosine désaminase

Neuf patients, atteints d'un déficit en ADA, ont été traités récemment par thérapie génique.

Le déficit en adénosine désaminase est responsable d’une forme rare de déficit immunitaire combiné sévère. L’adénosine désaminase est une enzyme intervenant dans la voie des purines, et son absence est responsable d’une élévation de l’adénosine, toxique pour de nombreux tissus, dont les lymphocytes, mais aussi le foie, le cerveau, le squelette, les poumons.

Les enfants atteints présentent une lymphopénie profonde, T et B et le diagnostic est fait par dosage de l’adénosine désaminase dans les globules rouges. Un diagnostic anténatal est proposé lorsqu’un cas est détecté dans une famille, la transmission étant récessive autosomique.


Le traitement du déficit en adénosine désaminase est possible selon 3 modalités différentes :

  • Transplantation de cellules souches hématopoïétiques, avec de meilleurs résultats lorsqu’il y a un donneur HLA identique familial et une bonne reconstitution immunitaire.

  • Thérapeutique enzymatique substitutive, grâce à une enzyme pégylée (pour améliorer sa durée de vie) disponible depuis une vingtaine d’années. Ce traitement par PEG-ADA est administré par voie intramusculaire 1 à 2 fois par semaine, à vie. Il est souvent nécessaire de maintenir un traitement par immunoglobulines en association. La reconstitution immunitaire à long terme est variable.

  • Thérapie génique, consistant à introduire un gène (séquence d’ADN) à visée thérapeutique au niveau des cellules de la moelle osseuse. Les patients traités ont reçu des conditionnements chimiothérapiques atténués dans 2 centres qui ont débuté cette thérapeutique. Pour 9 patients traités à ce jour (Milan et Londres) les résultats sont encourageants, avec une bonne intégration du gène et une reconstitution immunitaire progressive. La substitution en immunoglobulines a été interrompue pour certains enfants. Aucun effet toxique consécutif à la thérapie génique n’a été constaté  à ce jour dans le traitement du déficit en ADA.


Si on doit comparer la thérapie génique aux autres traitements, elle représente certainement une amélioration :

  • Elle va permettre une thérapeutique curative, notamment lorsque les enfants n'ont pas de donneur HLA identique intrafamilial, et qu'elle sera moins toxique en terme de conditionnement (moins de chimiothérapie) qu'une transplantation.

  • Par rapport à la PEG-ADA, le traitement est curatif et donc les enfants n'ont plus de traitement par la suite alors que la thérapeutique enzymatique doit être poursuivie à vie, avec des contraintes.

Malheureusement le déficit en ADA est ubiquitaire et si la thérapie génique permet de corriger le déficit immunitaire, il faut être plus prudent sur l'atteinte des autres organes et notamment sur l'évolution au plan neurologique.

En effet, le déficit en ADA est une maladie complexe qui ne se limite pas au déficit immunitaire, l’action de l’enzyme étant importante dans différents tissus. Des problèmes neurologiques (développement psychomoteur, convulsions, surdité…) sont constatés, quel que soit le traitement reçu.

Pr Yves BERTRAND
CHU de Lyon

Dernière mise à jour : ( 09-09-2008 )

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