Le système immunitaire est composé principalement de cellules et de protéines, toutes nécessaires et indispensables.
Elles sont programmées pour nous défendre contre les agressions extérieures et éliminer un agresseur éventuel. L'agresseur, quelle que soit sa nature (bactérie, champignon, virus ou parasite) s'appelle "antigène" (appelé également « non-soi »).
Tous les constituants de l’immunité ont un rôle défini à l’avance car génétiquement déterminé. Ils vont interagir entre eux, transmettre des informations sur la nature de l’agresseur afin d’envoyer au « front » les acteurs les mieux formés pour détruire cet antigène.
Dans un deuxième temps, l’organisme met tout en oeuvre pour limiter cette réponse puis l’éteindre et se préparer déjà à la prochaine agression.
Cette dernière donnera lieu à une réponse plus rapide de l’organisme car déjà préparée par l’agression antérieure.
Dans notre système immunitaire, il existe plusieurs types de cellules de la famille des globules blancs(figure 1) avec des fonctions différentes :


Les protéines du système immunitaire sont les immunoglobulines (ou anticorps) aidées par le complément (figure 3). Une immunoglobuline a pour fonction de se fixer sur l'antigène, de le neutraliser puis l'association antigène-anticorps va former un complexe facilement repérable par les cellules de l'immunité. Cette reconnaissance conduit finalement à l'élimination de l’antigène.

Une des fonctions les plus importantes du système immunitaire est de protéger l’organisme en créant des obstacles à la dissémination d’une infection. Ce système est (heureusement !) bien organisé mais complexe. Il fait donc intervenir un nombre d’acteurs très important.
Si ce système fait défaut (quand un des composants du système immunitaire est absent ou défaillant), on parle de déficit immunitaire. Les personnes « immunodéficientes » présentent généralement une sensibilité accrue aux infections.
Il existe un grand nombre de DIP (en théorie, quasiment autant qu’il y a “d’acteurs”, lymphocytes T et B, polynucléaires, complément...). Ils sont regroupés en 5 grandes catégories, en fonction de l’atteinte qui prédomine :
Le DIP n’est pas toujours caractérisé par une anomalie quantitative du système immunitaire (absence d’un composant) mais parfois par des anomalies qualitatives de nos cellules ou de la transmission des messages.
Les causes sont liées à l’absence (anomalie quantitative) ou au dysfonctionnement (anomalie qualitative) d’un élément du système de défense immunitaire, la réaction contre les différentes agressions ne pouvant, par conséquence, se faire correctement.
Il en résulte des infections répétées ou sévères qui peuvent parfois mettre en jeu le pronostic vital ou endommager certains organes tels que les poumons, les sinus, le cerveau, les oreilles, etc.
Les DIP sont des maladies génétiques rares (cf chapitre “Combien de personnes en sont atteintes en France”), qui se manifestent différemment selon le type de déficit immunitaire. Nous connaissons la majorité des gènes responsables de ces maladies (plus de 140 à ce jour). Certaines sont graves et peuvent s’exprimer dès les premiers jours ou mois de vie. D’autres apparaissent plus tardivement et s’expriment au cours de l’enfance ou de l’adolescence. Les signes de la maladie peuvent parfois être banals comme des otites ou des infections pulmonaires et donc ne pas faire évoquer en premier lieu un déficit immunitaire primitif. Plus le diagnostic de déficit est fait précocement, meilleure sera la prise en charge thérapeutique. Les traitements administrés auront pour but de permettre aux patients d’avoir une vie quasiment normale pour le plus grand nombre d’entre eux.
Notre organisme contient des milliards de cellules qui contiennent une information précieuse (appelée "information génétique") localisée dans les gènes (figures 4, 5). Les gènes sont contenus dans les chromosomes présents dans le noyau des cellules.

Chez les êtres humains, dans chaque noyau de cellule, les chromosomes sont au nombre de 46. Les chromosomes allant par paires, il en existe donc 23 paires.
La dernière paire correspond aux deux chromosomes sexuels. Ils sont nommés X et Y. Ils se présentent d’une manière différente selon le sexe de l’individu : chez la femme, ils sont tous les deux identiques et appelés XX, tandis que chez l’homme, ils sont différents : l’un est le chromosome X et l’autre est le chromosome Y (d’où XY) (figures 6 et 7).

Lors de la conception d’un enfant, chaque parent donne un de ses chromosomes. Ainsi, pour les chromosomes sexuels, la femme donne-t-elle nécessairement un de ses deux chromosomes X, l’homme donne soit un X, soit un Y, si bien que c’est lui qui détermine le sexe de l’enfant : s’il donne le chromosome X, alors le bébé à naître est une fille (XX), s’il donne le Y, ce sera un garçon (XY).



Une maladie génétique récessive liée à l’X (figure 11) implique un gène porté par un chromosome X. La maladie affectera différemment les garçons et les filles :
Les garçons n’ayant qu’un seul chromosome X dans chaque cellule, transmis par leur mère, il suffit que leur chromosome X porte l’allèle "muté" pour qu’ils soient malades;
Les filles recevant un chromosome X de chacun de leurs parents, chacune de leurs cellules comporte donc deux chromosomes X. Si l’un des chromosomes X est atteint (c’est-à-dire porte un allèle muté), elles ne seront pas malades. En effet, l’autre chromosome sexuel, qui est aussi un X, va porter un allèle normal, donc il prendra le relais. En revanche, les filles, portant ce chromosome X atteint, sont susceptibles de transmettre la maladie à leurs fils : elles sont conductrices de la maladie.
Il est important de demander un conseil génétique surtout lorsquele gène est connu.
Cette consultation se déroulera avec un généticien qui estimera, avec le patient ou son entourage, le risque de transmission d’une maladie génétique. Cette évaluation sera fonction du mode de transmission de la maladie (liée à l’X, autosomique récessive ou dominante). Cette consultation permettra très souvent de connaître les personnes risquant d’être porteuses de la maladie ou de la transmettre. Quand le gène n’est pas connu, une consultation permet souvent d’éclaircir une situation.
Dès qu’il y a un désir de grossesse en cas de DIP connu dans l’entourage familial, il est important d’avoir une consultation génétique.
Les maladies génétiques sont des maladies qui résultent de l’altération d’un gène (on parle aussi de "mutation"). Cette anomalie va se traduire par la synthèse d’une protéine anormale ou par l’absence de synthèse d’une protéine indispensable. Ceci va avoir des conséquences variables d’une maladie génétique à l’autre en fonction du rôle précis de cette protéine dans l’organisme.
Les DIP affectent toutes les populations du globe. Les hommes comme les femmes peuvent être touchés. Il existe une fréquence de DIP un peu supérieure chez les hommes, en raison des transmissions liées au chromosome X (on parle de transmission liée à l’X).
Si un membre de votre famille est déjà atteint d’un DIP, il est important de rechercher quels sont les autres membres de la famille susceptibles d’être atteints ou transmetteurs de la maladie :
Très souvent, la famille n’a pas eu de cas de DIP chez les ascendants ni chez les descendants. Il y a plusieurs situations :
L’avancée des connaissances des gènes permet aujourd’hui d’espérer une meilleure compréhension de ces maladies rares, et par conséquent une meilleure connaissance du fonctionnement immunitaire. Les progrès réalisés dans le domaine de la recherche concernent aussi l’évolution des traitements.
NON, certainement pas. En revanche, selon le type de DIP, on demande à certains patients de se protéger des infections et donc d’éviter certaines situations à risque infectieux : collectivité, piscine, climatisation ou zones de travaux. Ceci est fonction de chaque déficit et votre médecin vous le précisera.
En France, le nombre de nouveaux cas par an (incidence) est estimé à 1 cas pour 4 000 naissances, donc environ 150 à 200 enfants naissent chaque année avec un déficit immunitaire primitif.
Plus de 4 000 patients enfants et adultes vivent avec un tel déficit. Faute de données épidémiologiques précises, l’incidence réelle n’est pas connue. Il est vraisemblable qu’elle soit supérieure. (http://www.ceredih.fr)
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